Expositions

HYPERDRAWING : 1 exposition, 3 lieux, 3 temps

Hyperdrawing se déroule sur trois lieux :

— Frac Picardie

— Maison de la Culture d’Amiens

— Carreau du Temple - Drawing Now Art Fair.

Les artistes qui participent à Hyperdrawing :

Emmanuel Béranger (FR), Juliette Green (FR), Sol LeWitt (EUA), Stéphanie Mansy (FR), François Morellet (FR), Boryana Petkova (BULG), Klaus Rinke (DEU), Eric Snell (RU), Thorsten Streichardt (DE), Katrin Ströbel (DE), Vassiliki Tsekoura (GR)

Boryana Petkova, Link, 2021, performance, installation vidéo à double canal, sculpture en verre, costumes, © Kalin Serapionov
Boryana Petkova, Link, 2021, performance, installation vidéo à double canal, sculpture en verre, costumes, © Kalin Serapionov

Le concept :

Le dessin est souvent décrit comme un espace intime d’expression à l’échelle réduite de la feuille. Hyperdrawing renverse cette notion et place le dessin au sein de l’espace réel de l’exposition, animé par le corps de l’artiste. En effet, les artistes invités revisitent à la fois le dessin à protocole et la performance – tels qu’ils ont surgi dans la deuxième moitié du XXe siècle – tout en leur apportant un regard actuel, nourri par des questionnements contemporains.

De ce fait, les œuvres exposées sont issues d’un geste performatif effectué pendant la durée de l’exposition, ou bien réalisé sur place avant l’ouverture des portes selon un protocole, ou encore en dialogue avec le spectateur. Ainsi, les gestes qui contribuent à réaliser le dessin – traditionnellement dans l’intimité de l’atelier – sont placés au cœur de l’exposition.

L’axe central de ce projet est l’attention à la dynamique relationnelle entre les êtres et leurs lieux de vie exprimé par un dessin in situ. L’espace d’exposition devient ainsi la surface d’inscription où le dessin se réalise en direct. Celui-ci est perméable, pour certaines propositions, au lieu-même, ainsi qu’à l’interaction avec le visiteur ou avecles autres artistes.

Finalement, Hyperdrawing fait écho à la notion « d’hyperobjet » du philosophe de l’écologie Timothy Morton, qui parle du monde comme d’un ensemble de phénomènes manifestant une partie d’un tout vaste, en constant mouvement et sans lieu spécifique, ne se donnant à voir ainsi que partiellement, par gestes, par traces. Et si le dessin était le langage idéal pour manifester cette écologie relationnelle du monde ?

Joana P.R. Neves, directrice artistique de Drawing Now Art Fair

et commissaire de l’exposition Hyperdrawing

HYPERDRAWING À Drawing Now Art Fair (19 – 22 mai 2022)

Hyperdrawing a célébré l’anniversaire de quinze ans d’existence du salon en incorporant trois œuvres historiques de la collection du Frac Picardie (partenaire officiel de Drawing Now Art Fair). En effet, les artistes Sol LeWitt (EUA), François Morellet (FR) et Eric Snell (RU) représentent le tournant historique du dessin vers le protocole en ayant souligné son caractère essentiellement performatif. Grâce à eux, le dessin est désormais entendu comme une action, faite par le biais du dessinateur/trice. Ceci s’étend aux matériaux, qui, eux aussi, performent. C’est le cas de l’œuvre d’Eric Snell où la tension d’un fil, tenu par des aimants, rappelle les muscles en action du performeur/euse.

 

Cette tension musculaire évoque aussi le sport, référence centrale pour Emmanuel Béranger (FR), qui a transposé sa pratique sportive dans l’art, tout en la libérant de l’élément compétitif de mesure. Pareillement, l’œuvre présentée par Boryana Petkova (BULG) est une épreuve d’endurance. Elle se réalise avec un autre artiste de l’exposition : un dispositif en verre relie leurs mains, devant ainsi se coordonner afin de dessiner jusqu’à l’épuisement. Katrin Ströbel (DE), pour sa part, crée un dessin all-over de corps féminins en suspens ou en chute, faisant de l’ornement un statement politique sur l’ambivalence à la fois des images et des corps genrés. La relation entre humains par le biais du dessin est menée par Thorsten Streichardt (DE), en associant expression graphique et sonore en interaction avec le public. Juliette Green (FR), quant à elle, interroge les visiteurs de l’exposition pour créer un diagramme comportant le résultat de ses recherches autour du salon. Finalement, les phénomènes végétaux et minéraux sont, en revanche, représentés par Stéphanie Mansy, dont le dessin est une sorte d’érosion appliquée à une surface murale par le biais de plusieurs techniques hétérogènes comme la gravure et le feutre, inspirée par les écosystèmes naturels.

Artistes présents :

Emmanuel Béranger (FR), Juliette Green (FR), Sol LeWitt (EUA), Stéphanie Mansy (FR), François Morellet (FR), Boryana Petkova (BULG), Eric Snell (RU), Thorsten Streichardt (DE), Katrin Ströbel (DE)

EMMANUEL BÉRANGER

 

Les pratiques du dessin et du sport ont-ils un langage commun ?

Le travail d’Emmanuel Béranger propose la ligne – trace du mouvement, délimitation des zones de jeu, et figure élémentaire du dessin – comme un élément possible de ce lexique partagé. Suivant une série de protocoles de sauts, Emmanuel Béranger marque au mur la trajectoire de son corps avec du fusain.

Lorsque l’action est nie et que le performeur est parti, le vestige de ce qui a eu lieu demeure dans l’espace comme trace. L’artiste sépare ainsi performance et corps performant à travers le dessin de façon à éveiller le spectateur de sa torpeur contemplative, et ainsi le placer dans l’espace, devant la beauté d’une trace pleine d’énergie.

JULIETTE GREEN

 

Juliette Green développe, tout au long de cette édition de Drawing Now Art Fair, une investigation sur la foire elle-même et ses visiteurs.

Elle les analyse sur place afin de créer son dessin mural au fil de ses observations pendant le salon. Intégrant donc cette information recueillie sur le vif, ses dessins se situent entre les symboles langagiers de la bande dessinée, l’art conceptuel et la poésie visuelle. Le dessin de Juliette Green reflète l’espace dans lequel il se trouve, mais surtout les vies de ceux qui y transitent.

Sol Lewitt

 

En 1968, Sol LeWitt effectua son premier Wall Drawing à la galerie Paula Cooper.

L’espace d’exposition devint ainsi la « feuille » du dessin, induisant un certain nombre de comportements et de décisions artistiques autant à l’artiste qu’au spectateur. Ses pièces murales partaient de prémisses, ou protocoles, et pouvaient être réalisées par d’autres. Sol LeWitt considérait que ces réalisations avec des assistants étaient de vraies collaborations.

Dessin mural attesté par certificat et un diagramme daté de 1968 / Walldrawing attested by a certificate and a diagram dated 1968.

Collection Frac Picardie / n° inv. : 96-017

 

STÉPHANIE MANSY

 

L’œuvre de Stéphanie Mansy émane d’une sensibilité développée dans différents écosystèmes naturels pour faire corps avec eux. Le dessin est pour elle le véhicule de cette incarnation.

En effet, l’artiste se déplace dans des milieux naturels où la vie grouille pour absorber les gestes de croissance, de prolifération – de destruction ou de devenir. Le monde végétal, minéral, ou aquatique, est incorporé dans sa pratique du dessin.

Pour ses dessins in-situ, Stéphanie Mansy produit une première couche de dessins fins au graphite ou à l’encre, pour ensuite les gratter, les essuyer, les répandre sur la surface qu’elle travaille. Une sorte de gravure-érosion. Façon, peut-être, de proposer une rencontre entre l’humain et le non-humain dans leur vie in nitésimale et leur langage de traces et de cicatrices.

François Morellet

 

Ici, François Morellet utilise l’adhésif comme ligne du dessin en interaction directe avec l’espace d’exposition afin de le dérégler. En en extrayant une forme, puis en la basculant à un certain degré, l’artiste provoque une sensation de basculement et de vertige par le biais d’un dessin géométrique réduit à son élément le plus essentiel, la ligne.

De la série : Projets pour adhésifs sur mur 280 x 620 cm

Adhésif noir sur mur de 5 x 3 m

Attesté par certificat Collection Frac Picardie / n° inv. : 87-018

Boryana Petkova

 

Un élément en verre est placé horizontalement. De chaque côté de cette ligne de verre, deux écrans symétriquement placés montrent des “mains menottées”, une sur chaque écran, que l’objet en verre connecte.

Deux personnes hors-champ dans un dialogue frénétique. Les deux mains en close-up essayent de dessiner. Deux pensées en action essayent de communiquer. Deux mains, deux pensées, ici synchronisées, et puis là en arythmie, parfois ensemble et d’autres fois contraires, ou même contrariées.

Dans ce mouvement pendulaire, les deux dessinatrices tentent de se coordonner, d’éviter la casse mais aussi de se provoquer l’une l’autre. Ces deux forces s’annulent, ou bien se multiplient. Résister, se soumettre. Imposer, renoncer.

Performance réalisée par Wura-Natasha Ogunji et Boryana Petkova

Caméra: Kalin Serapioniv & Tilnamm Rodiger

Edition: Kalin Serapionov

Thorsten Streichardt

 

Thorsten Streichardt dessine avec des pastels gras roses et bleues sur une colonne de papier.

 

Des micros placés sur ses mains enregistrent les bruits du dessin et de l’environnement. Ces sons sont transformés numériquement, rythmés et restitués par les haut-parleurs fixés sur le papier. Thorsten Streichardt suit le bruit qu’il provoque, mais qu’il ne peut pas contrôler.

 

Le dessin reste transitoire, se développe au contact du public. Puis, la mélodie de la Panthère rose se glisse dans la performance. L’artiste s’inspire des colonnes Morris : dans cette performance, tout tourne autour de l’information, du langage, de l’invitation, de la communication, de la séduction.

 

Pour la réalisation de cette œuvre l’artiste a bénéficié de l’aide du Goethe-Institut, France.

Katrin Ströbel

 

Le travail de Katrin Ströbel est centré autour du dessin, souvent associé à l’installation (par le biais du dessin mural par exemple) et à des processus mécaniques de fabrication et de diffusion d’images, en employant le geste performatif.

 

L’artiste considère le dessin comme un médium ouvert, en quête de liens, de connections. Ici, elle a choisi de se concentrer sur le dessin comme mécanique de recouvrement all-over, par le moyen du papier peint, dont elle a dessiné des motifs, ainsi que les vêtements d’une performance potentielle (remplacés tous les jours par un nouvel élément).

 

Son œuvre met en exergue une version du corps féminin joyeuse et inclusive, en opposition directe avec des impératifs patriarcaux véhiculés, entre autres, par les médias.

Eric Snell

 

Eric Snell utilise un simple fil pour dessiner. L’emploi de plusieurs matériaux (le fil, les aimants) place le dessin dans notre espace tridimensionnel, plutôt que sur la surface plate du dessin, souvent utilisée comme une fenêtre où œil et esprit errent. Par ailleurs, ce recours à des matériaux en dehors de la tradition du dessin souligne l’accessibilité de cette discipline.

Acquis par le Centre national des arts plastiques.

En dépôt au Frac Picardie depuis 2015

No de déposant : FNAC 89505.

Eric Snell, Magnetic drawing number 38, 1985, Fil fixé sur un mur par 2 aimants et des épingles © David Paul Carr / Agence Coolhuntparis
Eric Snell, Magnetic drawing number 38, 1985, Fil fixé sur un mur par 2 aimants et des épingles © David Paul Carr / Agence Coolhuntparis

Maison de la Culture d’Amiens "HYPERDRAWING : Emmanuel Béranger & Stéphanie Mansy"

Emmanuel Béranger & Stéphanie Mansy : avec les œuvres de la collection du Frac Picardie de Klaus Rinke & de Vassiliki Tsekoura.

Les pratiques du dessin et du sport ont-ils un langage commun ? Le travail d’Emmanuel Béranger propose la ligne – trace du mouvement, délimitation des zones de jeu, et figure élémentaire du dessin – comme un élément possible de ce lexique partagé.

Suivant une série de protocoles de sauts, notamment, l’artiste marque au mur et au sol la trajectoire de son corps. D’autres actions sont enregistrées par une ligne dessinée ou bien matérialisée par différents objets. Le dessin rend ainsi visible un effort, une tension, bref, un dépassement de soi typique de l’athlétisme mais aussi de la performance et de la pratique artistique.

Par le biais de cette épuration du savoir-faire athlétique, Béranger rejoint une tradition picturale abstraite, tout en la reformulant. Il se rapproche du langage abstrait du XXe siècle, tout en l’enracinant dans une philosophie de la trace enregistrée du mouvement. Ses dessins expressifs, ses installations subtiles et ses gestes performatifs émanent d’une sensibilité acquise ailleurs, ouvrant au dialogue entre disciplines : sport, art, danse, technologie de mesure, performance et expression graphique, les unes axées sur la mesure et la compétition, et les autres sur la poésie, l’abstraction et l’expression libre du corps.

 

Quelle relation le dessin peut-il avoir avec la nature ? La représente-t-elle ou bien est-il nature lui-même ? L’œuvre de Stéphanie Mansy est traversée par cette question.

Elle émane d’une sensibilité développée dans différents écosystèmes naturels, faisant corps avec eux. En effet, l’artiste se déplace dans dans des milieux où la vie grouille, non pas pour dessiner, mais bel et bien pour absorber les gestes de croissance, de prolifération et de devenir de la nature afin de les incorporer dans sa pratique du dessin. Elle « collecte et cristallise sous la forme de dessins, les accidents, les blessures, les protubérances, les empreintes du temps, les flux et les rhytidomes laissés sur les arbres ».

Si son œuvre est à la limite de l’abstraction, c’est parce-que l’artiste ne représente pas la nature, elle en fait quasiment une collaboratrice. La main, les techniques hétérogènes de dessin et le grouillement végétal et minéral œuvrent ensemble.

Il arrive à Stéphanie Mansy de travailler in situ, dans l’espace d’exposition, préférant des murs qui ont vécu. C’est le cas de son intervention à la Maison de la Culture d’Amiens où elle crée un microcosme qui pourrait tout aussi bien représenter des événements naturels à grande échelle. Passant ainsi d’une vue globale à l’infime, son travail est une prolifération de formes organiques minimales ou bien une vue d’ensemble bien au-delà de notre échelle, par le biais de techniques propres à la tradition du dessin comme l’estampe, la mine de plomb et la gravure.

Frac Picardie "HYPERDRAWING: un dialogue entre Boryana Petkova et Katrin Ströbel"

Hyperdrawing parle de l’expansion du dessin en dehors de la feuille dans l’espace de l’exposition par le biais du corps de l’artiste. Dessin mural, performance, et installation composent ainsi l’exposition qui se construit comme un dialogue entre deux artistes, Boryana Petkova (BULG) et Katrin Ströbel (DE).

Dessiner est ici tracer une exploration de soi à travers les autres et le monde. Vivant toutes deux entre plusieurs cultures – française et bulgare / allemande, en particulier –, Petkova et Ströbel sont sensibles à la façon dont le corps étranger prend place dans un territoire, un espace, une culture. Ainsi, au-dessus de chacune des deux portes qui pourtant mènent dans le même espace, leurs noms ont été écrits par les artistes avec des outils de dessin, démontrant ainsi que la notion d’appartenance peut être commune et partagée. Pour elles, le dessin est en effet un outil servant à communiquer et partager des expériences singulières, s’appuyant sur le lieu d’exposition et une conception large de la discipline du dessin, comprenant le tatouage, le papier peint, la performance et le dessin mural éphémère, entre autres.

Un dialogue implique un positionnement face à face, avec des perspectives opposées se rejoignant néanmoins au centre, point focal toutefois éphémère. Le centre est partout et donc nulle part. Il est, finalement, là où on le place. Cette exposition est le témoignage d’un dialogue dynamique et fluide avec des lieux et d’autres humains, qui se reflète notre condition, toujours en devenir.

 

 

Afin de dialoguer, il est nécessaire de comprendre une perspective qui n’est pas la nôtre, mais aussi de se positionner. Cette recherche d’une identité se construit donc non seulement en nous mais avec les corps qui nous forment et nous influencent (corps urbain, corps humain, corps politico-social), leurs lieux de vie, ainsi que l’effort de parallaxe (sortir de sa propre perspective) nécessaire pour être en relation avec le monde.

La conversation entre Petkova et Ströbel se reflète dans la façon dont les œuvres communiquent entre elles, dans un langage libre, du simple tracé au portrait dessiné. Cette conversation dessinée dans l’espace donne à voir la dynamique d’une relation possible avec les autres et le monde, plutôt que de les représenter comme insondables, mystérieux, ou même menaçants. Plutôt que de tenir à distance, les artistes proposent un positionnement engagé d’immersion critique.

Ceci est le positionnement féministe des artistes et de la commissaire de l’exposition, qui se comprend comme une ouverture dialogique, une construction psycho-sociale incorporée, faites de différences qui se parlent et se confrontent, d’inclusion plutôt que d’exclusion.

 

Drawing Now Art Fair

Du 19 au 22 mai 2022

4 rue Eugène Spuller, 75003 Paris

+ 33 (0) 1 45 38 51 15

info@drawingnowartfair.com

Maison de la Culture d'Amiens 

Du 25 février au 1er Mai 2022

2 Place Léon Gontier, 80000 Amiens

03 22 97 79 79

accueil@mca-amiens.com

Frac Picardie

Du 25 mars au 21 mai 2022

45 rue Pointin, 80000 Amiens

03 22 91 66 00

contact@frac-picardie.org

 

Walldrawing : 1 invitation à 3 partenaires historiques

 

Drawing Now Art Fair au Carreau du Temple, rez-de-chaussée et entresol

À l'occasion des 15 ans de Drawing Now Art Fair - du 19 au 22 mai à Drawing Now Art Fair -, trois murs sont mis à disposition des artistes selectionnés par nos trois partenaires historiques : l'Ambassade des Pays-Bas en France, l'École des Beaux-Arts de Paris et la Fondation d'entreprise Pernod Ricard.

À cette occasion, chacune des structures partenaires a invité un ou des artistes à produire une œuvre murale sur les cimaises du Carreau du Temple.

Découvrez l'œuvre murale réalisée par l'artiste Marisa Rappard, invitée par l'Ambassade des Pays-Bas en France, celle de Boris Kurdi, lauréat du 22e Prix de la Fondation d'entreprise Pernod Ricard et Léonie Porcher, lauréate de l'École des Beaux-Arts.

Marissa Rappard, invitée par l'Ambassade du Royaume des Pays-Bas

 

Marisa Rappard présente ici un collage composé d’éléments rectangulaires qui se chevauchent partiellement. L’installation rappelle un bureau d’ordinateur avec de nombreux onglets ouverts, dans lequel une variété de perspectives sur un sujet sont représentées simultanément, côte à côte.

Le spectateur passe d’une opinion à l’autre. En réfléchissant à la façon nous utilisons l’outil numérique, la méthode de travail de Marisa Rappard est explicitement analogue. Le numérique passe toujours par le biais d’un support technologique, alors qu’il n’y a rien de plus direct que l’acte de dessiner. En utilisant des lignes tracées à la main sur un support aussi fragile que le papier, elle rend tangible l’influence de la technologie sur le sens de l’identité humaine.

« Marisa Rappard est fascinée par l'espoir que l'homme a placé dans la technologie après laquelle il court presque aveuglément. Quels en sont les dangers, quand faut-il tirer la sonnette d'alarme et est-ce que cela cache peut-être aussi de la beauté ?

Les personnages de l'œuvre de Rappard errent souvent dans des espaces anonymes, empêtrés dans des lignes colorées. Parfois, ces lignes sortent littéralement du papier et pénètrent directement dans la pièce, de sorte que le visiteur semble entrer dans l'œuvre d'art et faire partie de l'installation. » Friso Wijnen, Conseiller culturel et de la communication auprès de l'Ambassade du Royaume des Pays-Bas

Boris Kurdi, lauréat du 22e Prix Fondation Pernod Ricard

 

Un personnage allongé de presque deux mètres de long est recouvert d’étoiles de mer. « C’est un personnage attachant, comme un père qu’on recouvre de sable à la plage », précise l’artiste. Néanmoins, l’accumulation d’objets sur ce corps immobile révèle l’étrangeté de la situation.

Que se passe-t-il ? Cette figure presque mythologique, semble affligée par sa propre destinée et fait corps avec les étoiles qui la recouvrent. À la fois sculpturale, familière et mystérieuse, cette scène imposante est une rêverie dessinée. L’artiste en propose une lecture possible : « on peut également interpréter les étoiles comme la rançon fatale d’un succès ; comme lorsque la réalisation du vœu de Midas devient son châtiment. Ce n’est pas un gisant : c’est un transi ».

 

Chaque année, depuis 1999, le Prix Fondation Pernod Ricard récompense un·e artiste de la jeune scène artistique française. Lors de sa 22e édition, la curatrice Lilou Vidal a fait le choix de présenter le travail de Boris Kurdi au sein de l’exposition « Bonaventure, Trafiquer les mondes ».

Léonie Porcher, lauréate de l'appel à projets des Beaux-Arts de Paris

 

Articulée autour de l’imaginaire de la forêt et des végétaux, Léonie Porcher, en troisième année des Beaux-Arts de Paris, se nourrit des différents espaces de nature dans le monde. Appartenir au monde de l’arbre pour mieux comprendre l’existence, mais aussi le lien complexe qu’entretient l’homme avec la nature.

À travers différents dessins, le plus souvent réalisés à l’encre de Chine, fusain, ou pastels, elle représente sa forêt «fantasmée», on pourrait parler de ses « utopies », cette représentation est en constant changement, elle répond à des pulsions, sensations et images qui lui viennent, ou les formes, les textures, et les techniques s’entremêlent. Plonger le spectateur dans un monde d’architecture végétal.

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Drawing Now Art Fair

Du 19 au 22 mai 2022

4 rue Eugène Spuller, 75003 Paris

+ 33 (0) 1 45 38 51 15

info@drawingnowartfair.com

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Ambassade du Royaume des Pays-Bas

7-9 Rue Eblé, 75007 Paris

+33 (0) 1 40 62 33 00

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Fondation Pernod Ricard

1 Cr Paul Ricard, 75008 Paris

+33 (0) 1 70 93 26 00

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École nationale supérieure des Beaux-Arts

14 Rue Bonaparte, 75006 Paris

+ 33 (0) 1 47 03 50 00