L’exposition TOUT UN FILM !

Exposition en partenariat avec La Cinémathèque française
L’exposition Tout un Film ! est un dialogue entre des dessins contemporains et le patrimoine non film de la Cinémathèque française.

Cette année, DRAWING NOW Art Fair a rencontré le cinéma à l’honneur.
L’objectif ? Poursuivre notre engagement à démontrer la transversalité du dessin et donner à voir la graphie de la cinématographie, autant du côté du cinéma que de celui du dessin contemporain.

L’exposition Tout un Film ! Un ensemble de spécimens sélectionnés parmi les collections de La Cinémathèque française, qui vient se mêler aux œuvres des ateliers des artistes ainsi que des fonds de leurs galeries. Notre sélection permet de mettre en lumière l’influence croisée de ces deux arts, du storyboard à la matière même de la réalisation du film, le celluloïd.

LES ARTISTES

Alex Tavoularis

Directeur artistique, concepteur de production, Alex Tavoularis a aussi fait partie des équipes décoration de King of New York et Snake Eyes d’Abel Ferrara ou quelques storyboards pour le premier épisode de La Guerre des Étoiles (1977). Mais son activité principale fut surtout celle, un peu mystérieuse, d’illustrateur pour le cinéma, la plupart du temps en étroite collaboration avec son frère Dean Tavoularis, le légendaire directeur artistique qui accompagna Coppola sur nombreux de ses projets, notamment Le Parrain (1972) et Jack (1996). Dans un entretien pour les Cahiers du cinéma (no 665, mars 2011), il décrit leur collaboration : « C’est surtout mon frère Alex qui a fait les storyboards des films sur lesquels j’étais designer de production ; il était comme mon assistant. On s’en occupait parfois pour une séquence particulière complexe, ou parfois pour un film entier, comme ça a été le cas pour Tucker de Coppola ».

Alex Tavoularis, Godfather Part II, 1973, planche de storyboard sur papier en noir et blanc, crayon graphite et feutre. Collection Cinémathèque française © Alex Tavoularis

Alex Tavoularis, Godfather Part II,1973, planche de storyboard sur papier en noir et blanc, crayon graphite et feutre Collection Cinémathèque française © Alex Tavoularis

Camille Lavaud, La Vie Souterraine, Affiche, 2017, encres sur papier © Camille Lavaud

Camille Lavaud, La Vie Souterraine, Affiche, 2017, encres sur papier © Camille Lavaud

Camille Lavaud

Chez Camille Lavaud, le dessin est un choix de rigueur et de fraîcheur, de mesure et de débordement. S’il sert effectivement de support à l’idée, à une préoccupation expressive, à une effervescence imaginaire, il n’en conserve pas moins une marge de jeu de jeu à laquelle sa capacité évocatrice particulièrement vive. Il se place sous le signe de la conciliation de sources diverses, mais accueille aussi des tentations antagonistes. Son énergie emprunte à la bande dessinée, au cinéma, à l’histoire de l’art, aux résonances biographiques et creuse le sillon d’un réalisme jamais figé, toujours bousculé, qui répond aux appels de la fantaisie de la poésie et aussi de la restitution sur des superpositions de registres et de variations de tonalités. »

Didier Arnaudet, critique d’art

Paul Grimault

Paul Grimault est un réalisateur de films d’animation française.
Il entre comme dessinateur, en 1929, dans l’atelier de publicité de l’Agence Damour. Là, il rencontre Jean Aurenche, Jean Anouilh et Jacques Prévert. Il joue de petits rôles au cinéma notamment dans L'Atalante de Jean Vigo.
En 1936, il crée avec André Sarrut, producteur de cinéma, la société de films d’animation Les Gémeaux qui se développe jusque vers 1950 puis fait faillite. Après la réalisation de plusieurs films publicitaires et de courts métrages d’animation, Les Gémeaux débutent en 1947 un long métrage tiré du conte d’Andersen, La Bergère et le Ramoneur. Malgré la motivation des 150 employés des Gémeaux qui s’investissent dans ce projet de long métrage, Paul Grimault et Jacques Prévert doivent faire face à de grandes difficultés financières pour boucler leur film après cinq ans de travail acharné.
Le 13 mai 1953, la presse annonce la sortie du film le 29 mai et un budget de plus de 600 millions de Francs.

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Paul Grimault, La Bergère et le Ramoneur, 1948, celluloïd d’animation, Collection Cinémathèque française

Sébastien Laudenbach, La jeune fille sans mains, 2015, maquette d'affiche, version française, encre, lavis d'encre et mine de graphite © Sébastien Laudenbach

Sébastien Laudenbach, La jeune lle sans mains, 2015, maquette d’af che, version française, encre, lavis d’encre et mine de graphite,

© Sébastien Laudenbach

Sébastien Laudenbach

Diplômé puis enseignant aux Arts Décoratifs de Paris, Sébastien Laudenbach expérimente l’animation à travers le sable, le papier découpé, le volume et le dessin. Ses expérimentations au sein de l’Ouvroir d’Animation Potentielle (l’Ouanipo) l’ouvrent à la méthode cryptokinographique (littéralement écriture cachée dans le mouvement»), procédé à représenter la figure à l’écran par le mouvement, là où un photogramme unique ne permet pas de la présente complet. Son animation libre, espacée, clignotante, colorée, libérée du storyboard, souvent improvisée plan par plan, éclatant les formes et les couleurs pour les rendre malléables, son long métrage la jeune fille sans mains, dessiné seul durant neuf mois. Ce film lui a valu le prix du Jury au Festival d’Annecy en 2016.

Mathieu Dufois

Mathieu Dufois est né en 1984 à Chartres. Il vit et travaille à Tours.
Entre 2002 et 2007, Mathieu Dufois étudie les arts-plastiques à l'Ecole des Beaux-arts du Mans. Après l’obtention de son diplôme, il travaille dans les Cours d’Assises pour réaliser des portraits d’accusés pour les journaux locaux.
C’est en 2008, lors de sa participation à la Biennale de Mulhouse, qu’il obtient le premier prix de la Jeune Création. Dès lors, son travail est diffusé dans différents centres d’art dont le CRAC de Sète, ou encore le CCCOD de Tours. Ses œuvres ont été aussi présentées dans différentes foires telles que Drawing Now, Art Paris ou l’Armory Show.
Depuis 2010, une forte collaboration se crée avec le musicien Marc Hurtado ne compose pas la bande-son de ses films situés entre l’animation et l’expérimental. Passionné de cinéma, Mathieu Dufois continue d’explorer son outil de prédilection, le dessin, en l’articulant avec l’art cinématographique, la matière sonore et l’installation.

Maquette

Mathieu Dufois, Maquette, 2019, dessin à la pierre noire, 46 x 71 cm © Mathieu Dufois et Galerie C, Neuchâtel (Suisse)

Luminothérapie 3

Antoine Marquis, Luminothérapie, 2012, graphite et acrylique sur papier, 52 x 72 cm
© Antoine Marquis

Antoine Marquis

"Le rapport au cinéma, à l’iconographie du cinéma, tient une place centrale dans mon travail de dessinateur.
Je me fais chanter sans cesse à des cinéastes comme Éric Rohmer, Georges Franju ou Henri-Georges Clouzot, don’t je sens très proche en termes d’affects, d’esthétique et de poétique. Plus généralement le cinéma, qui a énormément puisé dans le répertoire de l’histoire de la peinture et du dessin, constituant en retour une réserve d’images frappantes et fugitives susceptibles d’alimenter les recherches des peintres et dessinateurs. Les images du cinéma travaillent et nous travaillent. Elles s’inscrivent en nous comme autant de traces et de bifurcations dans les couloirs de la mémoire et des rêves, collégiale à nous comme la « colle ontologique » décrite par Serge Danet dans Le karma des images.
Elles constituent et enrichissent notre monde intérieur, comme autant de sédiments-livres d’une temporalité et identité à la fois mouvante et en quête de fixation, de matérialisation dans une réalité physique tangible. Ces images fertiles ne demande qu’à faire et se démultiplier d’autres images. C’est de ce travail de sédimentation, de réapparition et de fixation (par le dessin) que procède en partie mon travail. Je pourrais aller jusqu’à dire que mon travail peut se lire comme un ensemble d’images-documents ou les images préparatoires d’un film qui n’existera sans jamais doute. Ces documents constituant autant de repérages de décors (ou de motifs, de recherches d’objets, de figures, de situations) pour un film improbable qui oscillerait, disons, entre la fantaisie fantastique de Judex de Georges Franju et l’âpreté poétique de De bruit et de fureur de Jean-Claude Brisseau.

Akira Kurosawa

Akira Kurosawa est un réalisateur, producteur, scénariste et monteur japonais, né à Tokyo le 23 mars 1910 et mort dans la même ville le 6 septembre 1998. Avec Yasujirô Ozu et Kenji Mizoguchi, il est considéré comme le cinéaste japonais le plus célèbre et le plus dans influent de l’histoire.
En cinquante-sept ans de carrière cinématographique, il réalise plus de trente films.
Il débute comme deuxième assistant-directeur, écrit son premier scénario en 1940 et sorte fils premier film, La légende du judo en 1943. Kurosawa est déja victime de la censure, son film est amputé d’une vingtaine de minutes.
En 1948, L’ange ivre, avec son acteur favori, Toshiro Mifune est le premier tournant de sa carrière. C’est en 1950, avec Rashomon, que Akira Kurosawa sera reconnu dans le monde entier grâce à un Lion d’Or au Festival de Venise obtenu en 1951.

Elsa Werth - Point de fuite, vue exposition HD

Elsa Werth, Point de fuite, 2017, tampon, encre, dimensions variables © Elsa Werth

Elsa Werth

Elsa Werth développe un travail dans la reconnaissance du dérisoire agit comme une provocation, une mise à l’épreuve de l’espace et de l’environnement dans lequel il s'inscrit. Elle se joue des usages et porte un regard amusé sur les actions ordinaires, les signes qui nous avons été donnés et font notre quotidien, les gestes préfabriqués aux activités rituels contemporaines.
À travers une multiplicité de supports, un télescopage revendique de données et de registres, Elsa Werth une économie de moyens, des gestes anti-spectaculaires comme autant de tactiques de résistance qui remet en question les conditions d’apparition d’une oeuvre et les systèmes de représentations dans un environnement administré et programmé.
Son travail a été présenté dans les collectifs d’expositions en France et à l’étranger (Mudam Luxembourg, Société Bruxelles, Biennale de Coimbra, Centre d’Art Bastille Grenoble, Creux de l’Enfer Thiers, Centre d’Art Albert Chanot Clamart, ZK/U Center for Art Berlin). Son travail a aussi fait l’objet d’expositions personnelles au Centre d’Art de l’Onde (Vélizy-Villacoublay), à Interface (Dijon), à Primo Piano et à la galerie Martine Aboucaya (Paris) ainsi qu’au Bazar Compatible program (Shanghai) et à Duplex/Walden (Genève).

Alejandro Jodorowsky

Alejandro Jodorowsky est un artiste franco-chilien. Après avoir étudié la philosophie et la psychologie, Alejandro Jodorowsky s’oriente rapidement vers une carrière artistique qui débute quand il émigre en France en 1953. Il y travaille le mime avec Marcel Marceau
pour la création des pantomimes comme La Cage. Passionné de surréalisme, il fonde en 1962 le mouvement Panique avec Fernando Arrabal et Roland Topor qui donne lieu à des happenings aussi dérangeants que décalés. En 1965, il se rend au Mexique pour y créer le Théâtre d'Avant Garde où il monte notamment des pièces de Beckett, Ionesco, et Strindberg.
Il se tourne alors vers le cinéma et fonde la société Producciones Panicas grâce à laquelle il tourne son premier long métrage, Fando et Lis, adapté d’une pièce de théâtre de Fernando Arrabal. Fable surréaliste et violente, le film provoque un véritable scandale lors de sa projection au Festival du Film d’Acapulco où il était présenté. Malgré de nombreuses menaces, il poursuit son travail de cinéaste et réalise en 1970 le western psychédélique El Topo. Pendentif projeté plus de sept mois à New York, il devient un véritable lm culte pour les amateurs de cinéma underground. Encouragé par John Lennon, Jodorowsky réalise alors La Montagne sacrée, voyage ésotérique et mystique d'un vagabond aux faux airs de Jésus.
De retour en France, il commence à travailler sur une ambitieuse adaptation du roman de science-fiction Dune. Il parvient à cette occasion à réunir de multiples talents : de Salvador Dali à H.R. Giger en passant par Orson Welles. Malheureusement le projet n’aboutit pas, faute de moyens. Il tourne finalement Tusk en 1979 puis se détourne un temps du grand écran avant de revenir avec Santa Sangre en 1989 et Le Voleur d’arc-en-ciel en 1990 où il accepte pour la première fois les contraintes d’une production. Il s'oriente ensuite vers la bande dessinée et collabore notamment avec Moebius. Après quelques tentatives, Alejandro Jodorowsky est de retour en 2016 avec Poesa sin fin, qu’il défend à la Quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes. Jodorowsky étant un artiste et un intellectuel très productif, sa carrière ne se limite pas au cinéma. Il est aussi l’auteur de nombreuses œuvres dans d’autres domaines (bande-dessinées, romans, fable, pièces de théâtres), de plusieurs essais ainsi que d’ouvrages autobiographiques.

William Kentridge

William Kentridge est né, en 1955, à Johannesburg où il vit et travaille.
Après des études à Johannesburg — University Witwatersrand, (1973-1976) ; Johannesburg Art Foundation (1976-1978) —, il séjourne à Paris où il étudie à l’École internationale de théâtre Jacques LeCoq (1981-1982).

En 1997, il acquiert une reconnaissance internationale grâce à sa participation à la Documenta X de Cassel et aux biennales de Johannesburg et de La Havane.
Bien que ses "dessins animés" sont souvent comme des films, Kentridge leur donne le nom de Dessins pour la projection (dessins pour projection). Il les réalise grâce à une technique particulière qui consiste à créer, puis gommer et retravailler minutieusement des dessins au fusain qu’il photographie puis projette ensuite sous forme d’images animées. Le mouvement dans l’image est créé manuellement par l’artiste, la caméra ne servant qu’à enregistrer sa progression.

Jeudi 26 mars

17h : Parler en français
Parlez autour de l’exposition Tout un Film! sur les croisements entre la collection de La Cinémathèque et la pratique du dessin contemporain.
Avec :

  • Françoise Lémerige, chargée du traitement de la collection des dessins et des œuvres plastiques à La Cinémathèque française, Paris, France
  • Joana P.R. Neves, directtrice artistique du salon, Paris, France et Londres, Royaume-Uni
  • Camille Lavaud, artiste, Bordeaux, France
  • Mathieu Dufois, artiste, Tours, France
  • Elsa Werth, artiste, Paris, France
Vendredi 27 mars
Samedi 28 mars
Dimanche 29 mars